• Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons, Lune en Taureau

     

     

     

    Carte du ciel natal de Denis Diderot

    • Balance ascendant Poissons, Eclairer l'essence de nos rencontres en leur donnant leur dimension humaniste, compassionnelle et divine

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons

     

    Thème astral

    Un Soleil Balance chez lui en Maison 7, renforcé par une interception, donnant à son possesseur un rayonnement par ses rencontres litteraires et culturelles en tous domaines enrichissant l'ouverture de conscience par un magnifique travail en équipe qui aboutira par la creation d'une fabuleuse encyclopedie dans le but d'élargir le savoir pour tous .

     

    Sa puissante Maison 9 en Vierge habitée par Saturne , Uranus, Pluton et Mercure a fait de lui un profond éclaireur de la démocratie , bien avant que celle ci ne soit posée en système politique en France.

    L'oeuvre philosophique de Diderot s'inscrit dans son chemin de vie Maison 9 en Sagittaire conjoint aux asteroides  Compassion et Spirit et boosté  par Mars, qui signe sa manière d'agir , son énergie vitale , lui même  en Sagittaire, donc agissant pour une philosophie transcendant les interdits et les prisons mentales

    Sachant que la Maison neuf est le domaine Sagittaire , donc ici confortée par son terrain Sagittaire ...Notons cependant que bien qu'en Sagittaire , Mars lui, se situe dans l'alchimique et revolutionnaire Maison huit bien illustrée par la vie de ce penseur ecrivain bouleversant la pensée collective  et  lui ouvrir ainsi  de grandes portes  par la remise en cause de nombreux schémas mentaux construits par les catholiques dont il démonte l'hypocrisie et la manipulation....ceci  même avec le risque constant d'aller en prison ou de mourir tué.

     

    Béatrix Viard

     

    Biographie

    Denis Diderot, né le 5 octobre 1713 à Langres et mort le 31 juillet 1784 à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français.

    Repères biographiques
    Vingt années de la vie de Diderot et son engagement dans l'œuvre des Lumières sont indissociables du travail accompli autour de l'Encyclopédie. Pour tous les détails concernant la genèse, le contenu et les péripéties éditoriales de cette œuvre, nous renvoyons à l'article qui lui est consacré.

     

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons



    5 octobre 1713 : naissance à Langres dans une famille bourgeoise de coutelliers.
    Il est élève au collège des Jésuites de la ville.

    1728 : à 15 ans, Diderot se refuse à la carrière ecclésiastique à laquelle son père le destinait et se rend à Paris.
    Les 10 premières années de sa vie parisienne sont mal connues. Il semble qu'il étudie la philosophie au collège d'Harcourt jusqu'en 1732. Il mène une vie de bohème et vit de traductions, de petits emplois et de ruses destinées à forcer le soutien financier de son père.

     

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons



    1741 : rencontre avec Jean-Jacques Rousseau.
    1743 : mariage avec Anne-Toinette Champion, lingère, sans l'accord de ses parents, sollicité quelques mois plus tôt à la faveur d'un voyage à Langres.
    1745 : rencontre Condillac.
    1746 : parution des Pensées philosophiques, immédiatement condamnées.
    1747 : début de l'Encyclopédie, avec Jean d'Alembert.
    1749 : les positions matérialistes de la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient entraînent son arrestation et incarcération au château de Vincennes pendant quatre mois. Rencontre de Frédéric Melchior Grimm.
    1750 : Diderot est nommé à l'Académie royale des sciences et des belles lettres de Berlin. Parution du Prospectus de l'Encyclopédie.
    1753 : naissance de sa fille Marie-Angélique, seul enfant qui lui survivra.
    1754-1755 : Suit les cours de chimie de Rouelle. Il s'installe rue Taranne.
    1755 : Diderot rencontre Sophie Volland, amante pour la vie.
    1759 : décès de son père. Premier séjour au Grandval, sur l'invitation de d'Holbach.
    1760 : Diderot, sous le nom de Dortidius, est ridiculisé dans la pièce de Charles Palissot de Montenoy Les Philosophes.
    1762 : Catherine II achète sa bibliothèque en viager, prétexte pour soutenir son travail philosophique.
    1765 (juillet) : Diderot termine la rédaction de l'Encyclopédie avec une certaine amertume due au manque de reconnaissance, aux errements de l'édition et au comportement des éditeurs — Le Breton en particulier.
    À partir de 1769, Grimm confie plus largement la direction de la Correspondance littéraire à Diderot et madame d'Epinay.
    Août à mi-septembre 1770 : voyage à Langres pour organiser le mariage de sa fille avec Abel-François Caroillon de Vandeul.
    9 sept. 1772 : mariage de sa fille.
    11 juin 1773 - 21 oct. 1774 : voyage à Saint-Pétersbourg. Voyage physiquement éprouvant avec deux longues haltes en Hollande. Rencontre et discussions avec Catherine II. Les conditions de ce voyage auront certainement écourté sa vie de quelques années. Dès son retour, il ralentit sa vie sociale et sa santé se dégrade, progressivement.
    1776 : longs séjours à Sèvres et au Granval.
    1778 : vraisemblables mais à tout le moins discrètes rencontres avec Voltaire.
    1779 : séjour de 3 mois à Sèvres, avec son épouse et sa belle-sœur, mme Billard. Il s’échappe toutefois trois semaines pour se consacrer à madame de Maux, sa maîtresse.
    30 avril 1780 : Langres organise un grand banquet inaugural du buste de Diderot réalisé par Houdon, que le philosophe vient d'offrir à la ville.
    1781 : Il collabore un peu à l’Encyclopédie méthodique de Panckoucke et Naigeon. Il rassemble ses œuvres, met de l’ordre. Sa santé décline ; il l'accepte mal.
    1783 : Diderot met de l'ordre dans ses textes. Il travaille à établir trois copies de ses œuvres : une pour lui, une pour sa fille et la dernière pour Catherine II.
    1784 : séjours à Sèvres.
    22 février 1784 : décès de Sophie Volland.
    15 mars 1784 : décès prématuré de sa petite-fille. Cela lui sera peut-être caché.
    1er juin 1784 : déménagement au 39 rue de Richelieu à Paris, aux bons soins de Grimm et de Catherine II qui souhaitaient lui éviter les 4 étages d'escalier de son logis de la rue Taranne.
    31 juillet 1784 : décès à son domicile. Il est autopsié à sa demande. Il est inhumé à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, le 1er août. Les tombes de l'église ont été profanées à la Révolution et les corps jetés à la fosse commune. Sa sépulture a donc disparu.
    juin 1786 : sa bibliothèque et ses archives sont envoyées à Saint-Petersbourg.
    10 avril 1796 : décès de son épouse.
    2 décembre 1824 : décès de sa fille Marie-Angélique.

    Ses relations

    Les écrivains et philosophes
    Melchior Grimm

     

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons


    Jacques-André Naigeon
    Jean-Jacques Rousseau
    Jean d'Alembert
    Voltaire

    Sa famille
    Son épouse, Anne-Toinette Champion. Diderot avait épousé Nanette sans l'accord de ses parents qu'il était pourtant parti demander à Langres. Il est donc permis d'imaginer un mariage d'amour. La réalité fut pourant différente. Nanette ne peut manifestement pas suivre la carrière de son mari. Celui-ci ne semble pas heureux en ménage et multiplie les liaisons. Les tensions au sein du couple sont croissantes et les colères de Nanette sans retenue. Diderot a pourtant toujours cherché à protéger les siens. Nanette portera plusieurs enfants dont seule Marie-Angélique survivra.
    Sa fille, Marie-Angélique. Elle est aimée de son père et lui témoigne une grande admiration.
    Son père, Didier. Le coutellier nanti de Langres, intègre et respecté. Malgré les tensions avec Denis, il lui transmettra ses préoccupations morales et un intérêt pour la technique, qui aidera Diderot dans sa rédaction de l'Encyclopédie.
    Son frère, Didier-Pierre, avait embrassé la carrière ecclésiastique et s'y était fortement impliqué. En ce sens les relations entre les deux frères seront toujours tendues, malgré les tentatives de Denis. Didier-Pierre refusera de venir bénir le mariage de sa nièce. À la mort de Denis, il réclame à sa fille ses archives afin de les détruire. À son sujet : Chanoine Marcel, Le frère de Diderot : Didier-Pierre Diderot : chanoine de la cathédrale et grand archidiacre du diocèse, fondateur des écoles chrétiennes de Langres, Paris, Champion, 1913 (disp. à la Bibliothèque nationale de France).
    Sa soeur et sa mère ont tenu des rôles forts discrets.

     

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    Ses liaisons extra-conjugales
    Sophie Volland
    Madeleine de Puisieux
    Madame de Meaux

    Autres
    Diderot fut par ailleurs lié à Galiani, Condillac, Damilaville, d'Holbach, Étienne Maurice Falconet, Guillaume Le Monnier, Charles Van Loo, Galitzine, l'abbé Raynal.


    Son œuvre : la dialectique
    Diderot fut un des grands animateurs intellectuels du XVIIIe siècle par sa curiosité, sa vaste culture, sa connaissance des langues, son esprit critique et sa puissance de travail. Loin de la recherche d’un système philosophique cohérent, Diderot rassemble les idées et les oppose. C’est donc, avant ses idées personnelles, surtout une incitation à la réflexion qui se dégage de son œuvre. Cette démarche, volontaire, se retrouve dans la forme de dialogue qu’il donne à ses œuvres principales (Le Neveu de Rameau, Entretiens entre Diderot et D'Alembert, Supplément au Voyage de Bougainville…) avec cette particularité qu'aucun des personnages ne représente à lui seul la pensée de l'auteur. Cette pluralité se retrouve d’ailleurs dans ses titres (les pensées, les principes,...). Quand il ne conçoit pas de dialogue, il répond - fut-ce fictivement -, ajoute (Supplément au voyage de Bougainville), réfute (Réfutation d'Helvetius). Diderot retravaille aussi fréquemment ses textes et, même, dans la seconde moitié de sa vie, rédige quelques Additions (aux Pensées philosophiques, à la Lettre sur les aveugles,...) pour rendre compte de l'évolution de ses propres réflexions.

    Écrivain
    En tant qu'écrivain de fiction, Diderot s'est illustré dans le roman et, dans une moindre mesure au théâtre. Dans les romans, Diderot se montre critique de son temps. Il invente un nouveau genre théâtral, le drame bourgeois (dont la paternité a été revendiquée également par Beaumarchais). C'est un genre où prédominent avec un grand réalisme les préoccupations dominantes de la bourgeoisie : le travail et la famille.

    Prose : romans, contes et dialogues
    Les Bijoux indiscrets, roman (1748).
    La Religieuse, roman (1760).
    Le Neveu de Rameau intitulée la Satire seconde sur le manuscrit, dialogue philosophique (réd. sans doute étalée de 1761 à 1782 ; éd. 1805).

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons

    Denis Diderot 's play 'Le Neveu de Rameau' (Rameau's Nephew)

    Crédits : Culture Club / Contributeur
    Editorial - n° : 590499236
    Collection : Hulton Archive
    Denis Diderot 's play 'Le Neveu de Rameau' (Rameau's Nephew). Drawing from the title page of the first edition, published in Goethe's translation (1805). French philosopher and writer. 5 October 1713 - 31 July 1784 (Photo by Culture Club/Getty Images)


    Lui et moi (réd. en 1762).
    La Satire première (réd. à partir de 1773).
    Jacques le fataliste et son maître, roman (réd. 1771-1778, Corr. nov.1778-juin 1780, éd. 1796).
    Mystification ou L’Histoire des portraits (1768).

    Théâtre
    Le Fils naturel ou les Épreuves de la vertu, comédie suivie des Entretiens sur le Fils naturel (1757)
    Le Père de famille, drame (1758)
    Différents projets non aboutis.

    Philosophe
    Plutôt que philosophe, Diderot est avant tout un penseur. Il ne poursuit en effet ni la création d'un système philosophique complet, ni une quelconque cohérence : il remet en question, éclaire un débat, soulève les paradoxes, laisse évoluer ses idées, constate sa propre évolution mais tranche peu (voir Dialectique chez Diderot, ci-dessus). Au coeur du travail philosophique de Diderot se trouvent ses réflexions, croisées, sur le matérialisme et la foi.

    Pensées philosophiques, essai (1746)
    De la suffisance de la religion naturelle (1746)
    La Promenade du sceptique (1747)
    Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient (1749)
    Lettre sur les sourds et muets (1751)
    Pensées sur l'interprétation de la nature, essai (1753)
    Addition aux Pensées philosophiques (1762)
    Le Rêve de d'Alembert, essai (1769)
    Principes philosophiques sur la matière et le mouvement, essai (1770)
    Regrets sur ma vieille robe de chambre (réd. 1768, Corr. litt. 1769, éd. 1772)
    Entretien d'un philosophe avec la maréchale de ***, dialogue philosophique (réd. 1773-1774, Corr. 1775, éd. 1777)
    Lettre sur l’examen de l’Essai sur les préjugés (1774)
    Réfutation d'Helvétius (1774)
    Lettre apologétique de l'abbé Raynal à Monsieur Grimm (1781)
    Additions à la Lettre sur les aveugles (1782)
    Supplément au voyage de Bougainville (éd. 1796)

     

     



     

     

     

    Moraliste
    La morale est une préoccupation récurrente de Diderot. Le thème apparaît dans ses critiques artistiques (voir ci-dessous), dans son théâtre (voir ci-dessus) et dans quelques textes (contes et dialogues), rédigés en 1771-1772, autour du thème de la morale, inspirés par un retour dans sa région natale, imprégnée de la droiture morale de son père décédé.

    Les deux amis de Bourbonne (Corr. 15-12-1770, éd. 1772)
    Ceci n’est pas un conte (réd. été 1772, Corr. avril 1773)
    Entretien d'un père avec ses enfants ou Du danger de se mettre au-dessus des lois (Corr. 1771, éd. 1772)
    Supplément au voyage de Bougainville (réd. achevée en octobre 1772, Corr. 1773-1774)
    Madame de La Carlière (réd. durant l'été 1772)
    Est-il bon ? Est-il méchant ? (réd. à partir de 1775]).

    Encyclopédiste
    À partir de 1747, à 34 ans, Diderot dirige et rédige, avec D'Alembert, l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Il s'investira dans la rédaction, la collation, la recherche, la réalisation des planches de 1750-1765. Il a personnellement rédigé le prospectus (paru en 1750) et plus d'un millier d'articles, parmi lesquels : autorité politique, capuchon, encyclopédie, art, christianisme, citoyen, éclectisme, philosophie, recherches philosophiques sur l’origine et la nature du beau,... Certains de ces articles sont repris dans WikiSource.


    Critique
    Diderot a mené une importante activité de critique publiée surtout dans la Correspondance littéraire, philosophique et critique. Diderot est convaincu du rôle moral de l'art, du théâtre et de la peinture en particulier.


    Peinture : les Salons
    En 1759, à la demande de Melchior Grimm, Diderot rend compte pour la Correspondance littéraire des œuvres exposées au Salon de peinture de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Pris au jeu et convaincu de la fonction morale de l'art et du développement du goût, il rédigera en tout neuf Salons de 1759 à 1781. Le développement de ses connaissances techniques enrichiront progressivement la teneur de ces comptes rendus. Ces Salons restèrent confidentiels de son vivant car le ton très libre de sa critique ne permettait pas qu'ils fussent publiés. Aujourd'hui cependant l'importance de ces écrits est largement reconnue et Diderot est considéré comme pionnier de la critique d'art.

    Les Essais sur la peinture sont en fait une annexe du Salon de 1765 (Corr. 1766).
    Pensées détachées sur la peinture, la sculpture, l’architecture et la poésie (Corr., à partir de février 1772).

    Littérature
    Diderot a rédigé de nombreux comptes rendus de lectures pour la Correspondance littéraire, philosophique et critique. Mais il a également rédigé plusieurs ouvrages ou « postface » à portée critique qui traitent de ses conceptions du théâtre ou d'auteurs en particulier.

    Discours sur la poésie dramatique (1758), théories sur le théâtre accompagnant le Père de famille.
    Éloge de Richardson, (1762)
    Sur Térence, (par. le 15/07/1765) dans la gazette de Suard.
    Paradoxe sur le comédien (réd. 1773-1777).
    Essai sur la vie de Sénèque ou Essai sur les règnes de Claude et de Néron (éd. 1778, remanié en 1780).

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons

    The Nun or Memoirs of a Nun by Denis Diderot

    Crédits : DEA / G. DAGLI ORTI / Contributeur
    Editorial - n° : 159828025
    Collection : De Agostini
    UNSPECIFIED - CIRCA 2002: Illustration for the novel The Nun or Memoirs of a Nun by Denis Diderot (1713-1784). Paris, Bibliothèque Des Arts Decoratifs (Library) (Photo by DeAgostini/Getty Images)

     


    Politique
    Diderot s'est peu impliqué concrètement dans les débats politiques de son temps. Toutefois quelques œuvres rendent compte de sa philosophie politique. On peut les partager en deux groupes. D'une part les œuvres de commande et les contributions à l'œuvre d'autrui et d'autre part les textes strictement personnels qu'il rédige plutôt à la fin de sa vie, à partir de 1770. Il se fera un devoir de partager ses idées avec Catherine II lors de son voyage à Saint-Pétersbourg.

    Deux idées principales sont certainement le rejet du despotisme et le rôle de l'enseignement (non religieux) dans le bonheur et le développement de la société.

     

     

    Lettre sur le commerce des livres (1763)
    Apologie de l'abbé Galiani, suite aux Dialogues sur le commerce des blés (voir Contributions) (1770)
    Lettre de M. Diderot sur l’Examen de l’essai sur les préjugés, plus connue sous le titre Pages contre un tyran (1770) en réaction à l’ouvrage de d'Holbach L’essai sur les préjugé ou De l’influence des opinions sur les mœurs et sur le bonheur des hommes.
    Abdication d’un roi de la fève ou Les éleuthéromanes (réd. 1772, éd. 1796)
    Pensées détachées ou Fragments politiques échappés du porte-feuille d’un philosophe (Corr. 1772)
    Observations sur le Nakaz, à propos des réformes de Catherine II (1774)
    Principes de politiques des souverains (1774)
    Plan d’une université (réd. 1775). Il s'agit d'un plan idéal des études commandé par Catherine II. Transmis par l'intermédiaire de Grimm, elle semble ne jamais l'avoir lu, au grand regret de Diderot.
    Aux insurgents d'Amérique (1782)
    On trouvera aussi, dans le Voyage en Hollande (voir ci-dessous) des réflexions sur l'organisation politique des Provinces-Unies, forcément comparées au système français.


    Sciences
    Mémoires sur différents sujets de mathématique (1748)
    Éléments de physiologie (réd. à partir de 1774, non achevé)
    Introduction à la chimie, notes de cours (1757)

    Contributions
    Système de la nature de d'Holbach
    Dialogues sur le commerce des blés, de l'abbé Galiani (1770)
    Catilina de François Tronchin. Diderot travaille sur ce texte en avril 1775 et en change la focalisation au point de devoir en tansformer le titre en Terentia.
    Histoire philosophique et politique des deux Indes, de l'abbé Raynal. Diderot travaillera Avec Raynal dès la première édition de 1770 mais contribuera surtout à la troisième, de 1780. L’accueil est mitigé car l’ouvrage est très engagé contre l’esclavage, le colonialisme et le despotisme. Grimm lui-même critiquera l’ouvrage. Blessé dans son amitié, Diderot rédigera sa Lettre apologétique de l’abbé Raynal à monsieur Grimm.
    Histoire de Madame de Montbrillant de Louise d'Épinay (éd. en 1818).

    Traductions
    Essai sur le mérite et la vertu, écrit par Shaftesbury, traduction française et annotations de Diderot (1745). Voir à ce sujet : Rene P. Legros, Diderot et Shaftesbury. In : The Modern Language Review, Vol. 19, No. 2 (Apr., 1924), pp. 188-194.
    L'apologie de Socrate de Platon (traduction entreprise en captivité à Vincennes, 1749)
    Histoire de Grèce de M. Temple Stanyan
    Dictionnaire universel de médecine de Robert James.

    Autres

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons

    Plate showing chemical laboratory and table of affinities. Engraving from Denis Diderot, Jean Baptiste Le Rond d'Alembert, L'Encyclopedie, 1751-1757. (Photo by DeAgostini/Getty Images)

    Crédits : DEA / A. DE GREGORIO / Contributeur
    Editorial - n° : 142083419
    Collection : De Agostini
    FRANCE - CIRCA 2002: Plate showing chemical laboratory and table of affinities. Engraving from Denis Diderot, Jean Baptiste Le Rond d'Alembert, L'Encyclopedie, 1751-1757. (Photo by DeAgostini/Getty Images); . (Photo by DeAgostini/Getty Images)


    Voyage en Hollande (réd. 1773-1774, Corr. 1780/1782), récit et notes de voyage.
    Sur les femmes (Corr. 1er juillet 1772)
    Lettre à la comtesse de Forbach sur l’éducation des enfants (réd. vers 1772)
    Réfutation d'Helvétius (réd. 1773-1778, Corr. 1783-1786)
    On découvrira Diderot, homme, écrivain et penseur à travers les 187 lettres conservées de sa correspondance avec son amante, Sophie Volland. Voir à ce sujet : Hubert Juin, Diderot : lettres d'amour. In : Magazine littéraire n° 204 (février 1984)
    Sur l'immortalité de l'artiste, l'art et la postérité, on lira sa correspondance avec Falconet.
    Lettre apologétique de l’abbé Raynal à monsieur Grimm (réd. 1780).
    On lui attribua à tort, le Code de la nature de Morelly et Mémoire pour Abraham Chaumeix d'André Morellet.

    Adaptations des œuvres de Diderot
    Jacques Rivette : La Religieuse, avec Anna Karina… Voir : Fiche imdb
    Sandrine Rinaldi : Mystification ou l’histoire des portraits, avec Lucia Sanchez…
    Le cinéaste Robert Bresson a réalisé en 1945 le film Les Dames du Bois de Boulogne, d'après un épisode de Jacques le fataliste, l'histoire de Madame de La Pommeraye. Les dialogues du film ont été écrits par Jean Cocteau.
    Jacques le Fataliste, adapté par Roland Ravez et Daniel Scahaise, mis en scène par Daniel Scahaise, joué par Jaoued Deggouj (Jacques), Jean-Henri Compère (son maître), au Théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles du 10 janvier au 17 février 2007.
    Jacques et son maître, pièce écrite en 1970 par Milan Kundera qui prolonge et rend hommage à Jacques le Fataliste.

    Postérité et réception critique
    Diderot, travailleur infatigable, n'espérait que la reconnaissance de la postérité. À ce sujet, on lira en particulier sa correspondance avec Falconet.

    L'image de Diderot a évolué avec le temps en particulier parce que son oeuvre a été révélée de façon progressive et l'essentiel (qualitativement) de son oeuvre a été publié après sa mort. La date de publication de ses œuvres est parfois fort éloignée de la date de rédaction. Une part importante de son œuvre, dont des textes majeurs comme Jacques le Fataliste et Le Neveu de Rameau, n'a été publiée qu'après son décès ; certains textes n'étant même apparus qu'au XXe siècle. Cet étalement a de multiples causes.


    La censure et l'emprisonnement
    La censure du XVIIIe et ses sanctions résignaient les auteurs trop audacieux à la prudence. En 1749, Diderot est enfermé 4 mois au château de Vincennes. Après cette expérience éprouvante physiquement et psychologiquement, il distinguera les œuvres respectant, au moins superficiellement, les dogmes de son temps, pouvant être publiées de son vivant, des œuvres destinées uniquement à la postérité. Cette stratégie, courante dans le parti philosophique, est appelée la doctrine intérieure par Rousseau dans ses Confessions.


    La Correspondance littéraire
    Il faut distinguer la publication limitée assurée au texte parus dans la Correspondance littéraire de Grimm des publication en volumes : le public atteint n'est pas le même. C'est pour cette raison que, pour autant que faire se peut, on distingue pour chaque œuvre la date de rédaction, de parution dans la Correspondance littéraire et l'édition en volume.


    Départ des manuscrits en Russie
    En 1762, Catherine II de Russie achète à Diderot sa bibliothèque personnelle en viager. Diderot en garda l'usage et une rente de son vivant, en tant que bibliothécaire, mais, à sa mort, ses manuscrits et ses volumes furent transférés à Saint-Pétersbourg. Ce n'est que le travail patient des savants et des passionnés qui a permis de découvrir, progressivement, l'œuvre et la pensée de Diderot. Ainsi, on remarquera que Diderot prépare en 1782 une édition complète de ses œuvres avec son ami Naigeon. Cette édition ne paraîtra qu'en 1798 et ne comptera que 15 volumes. Or les éditions de Brières (1821) et Assézat (1875) dépassent la vingtaine de volumes.


    Le rôle de sa fille
    Catholique et conservatrice, sa fille a sans doute, malgré l'admiration qu'elle vouait à son père, cherché à orienter la publication de ses oeuvres, "corrigeant" si nécessaire les textes qui ne respectaient pas assez ses valeurs.


    Les Eleuthéromanes
    En 1796 parait l'Abdication d'un roi de la fève ou Les éleuthéromanes. Le public tient des passages de ce texte pour responsables de certains excès de la Révolution française et se déchaîne contre Diderot. Ce texte ternira donc la réputation de Diderot et le mettra au purgatoire des auteurs pour tout le XIXe siècle.


    Conclusion
    Ses contemporains connaissaient essentiellement Diderot comme l'éditeur de l'Encyclopédie, le promoteur d'un nouveau genre théâtral (le « drame bourgeois » ou « comédie larmoyante », précurseur du théâtre dramatique) et l'auteur d'un roman libertin (Les Bijoux indiscrets) et de quelques textes philosophiques critiqués. Au XIXe siècle, Diderot sera relativement ignoré. Il faut en fait attendre le bicentenaire de sa naissance pour rencontrer un regain d'intérêt et avoir une vision considérée comme complète de ses écrits.


    Quelques éditions « complètes » de ses œuvres
    Pour une étude détaillée de la bibliographie matérielle de Diderot, on consultera avec intérêt : David Adams, Bibliographie des œuvres de Denis Diderot 1739-1900, Centre international d’étude du XVIIIe siècle, 2000, 2 vol., ISBN 2-84559-009-1. Cet ouvrage a fait l'objet d'une critique ici.

    1772, (?) Amsterdam, Chez Marc-Michel Rey, 6 vol.
    1773, Londres (i.e. Bouillon ?), ? Société typographique, 5 vol.
    An VIII (1800), Jacques-André Naigeon, 15 volumes in-8 (+/-15 cm de haut).
    1821, J.-L.. Brière, en 22 volumes, avec les Mémoires de Naigeon sur Diderot.
    1830, Paulin, 4 volumes.
    1854, François Génin, chez Didot, 2 volumes in-12.
    1875, J. Assézat, 23 volumes. Consultable via http://gallica.bnf.fr/
    1975-..., J. Fabre, H. Dieckmann, J. Proust, J. Varloot, Paris, éd. Hermann, (36 vol. prévus)
    1985, Œuvres, Paris, Gallimard, (coll. Pléiade).
    1994-1997, Laurent Versini, Paris, Robert Laffont, 1994- 1997, (coll. Bouquin), 5 vol.
    2005-..., Paris, Gallimard, (coll. Pléiade), (4 vol. prévus).

    Les lieux de Diderot
    Diderot était un sédentaire. Il n'aimait guère les voyages.


    Langres
    Diderot est né place Chambeau, n° 9 à Langres. L'immeuble existe toujours. Le rez-de-chaussée est occupé par un marchand de journaux (été 2007). En hauteur, sur la façade, la ville a apposé une plaque signalant la naissance du philosophe. La place a été renommée place Diderot à l'occasion du centenaire de sa mort et décorée de son effigie par Frédéric Bartholdi. Diderot quitte Langres pour Paris en 1728 et n'y reviendra plus que pour quelques raisons impératives :

    1742/1743 : pour solliciter l'autorisation de se marier - refus.
    1759 : pour régler la succession de son père décédé.
    1770 : la préparation du mariage de sa fille.


    Paris
    Pauvre durant ses premières années parisiennes, Diderot déménage fréquemment.
    1743 : il s'installe rue Saint-Victor avec son épouse.
    1746 : le couple déménage rue Traversière (devenue rue Rotrou).
    Déménagement vers la rue Mouffetard.
    En 1749, c'est au second étage du n°3 de la rue de l’Estrapade qu'il est arrêté et mené pour quelques mois au château de Vincennes.
    De 1754 à 1784 Diderot occupe les 4e et 5e étage d'un logis de la rue Taranne. La maison de Diderot aurait été située au niveau du n°149 de l'actuel boulevard Saint-Germain. Une statue le rappelle au niveau du numéro 145.
    Quelques semaines avant sa mort, Catherine II lui loue un logement dans l’hôtel de Bezons, 39 rue de Richelieu, près du Palais royal pour lui épargner la montée des 4 étages de l'immeuble de la rue Taranne. La façade de l’hôtel existe toujours.
    A son décès, il repose un temps à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge. Celle-ci sera pillée à la Révolution et les corps jetés à la fosse commune.

    Les séjours
    Château du Grandval à Sucy-en-Brie chez son ami le baron d’Holbach, en octobre 1759, puis en octobre 1760, en novembre 1775 et en août 1780.
    En 1755, il séjourne également au château d’Isle-sur-Marne.
    On le voit aussi au château de la Chevrette à Deuil-la-Barre, propriété de Louise d'Épinay, maîtresse de Grimm et amie de Rousseau.
    Sèvres, rue Troyon 26, dans la maison de son ami le joaillier Belle, où il vient habiter régulièrement pendant les dix dernières années de sa vie.

    Le voyage à Saint-Pétersbourg : 11 juin 1773 - 21 oct. 1774
    Trajet aller : Bruxelles, La Haye (séj. 15/06-20/08), Amsterdam, Utrecht, Düsseldorf (24/08), Leipzig (02/09), Memel (20/09), Riga (26/09), Narva, Saint-Pétersbourg.

    Trajet retour : Saint-Pétersbourg (05/03/1774), La Haye (05/04), Anvers, Bruxelles, Valenciennes, Cambrai, Péronne, Roye, Senlis, Paris (21/10).


    Iconographie
    Célèbre de son vivant, Diderot a souvent été représenté en peinture ou en sculpture. Voici une liste - dont il est difficile de garantir l'exhaustivité - des portraits de Diderot effectués de son vivant. Les références sont complétées par l’avis du modèle sur son image, quand il nous est connu.

    Garand, portrait, 1760
    Je n'ai jamais été bien fait que par un pauvre diable appelé Garand, qui m'attrapa, comme il arrive à un sot qui dit un bon mot. Celui qui voit mon portrait par Garand, me voit. (Salon de 1767).

    Claude Bornet, portrait, 1763
    Louis Michel van Loo, portrait, 1767, musée du Louvre.
    Jean-Baptiste Greuze, dessin, 1767, Tournus, musée Greuze.
    Anna Dorothea Therbusch, représentation de Diderot torse nu, vers 1767. Le portrait original semble être perdu mais il a été reproduit en émail par Pasquier et gravé ensuite par Pierre François Bertonnier pour l’édition Briére des Oeuvres de Diderot. Brière a offert l'émail de Pasquier à M. Guizot. La gravure de Bertonnier est reprise dans M.-C. Sahut, N. Volle, Diderot et l'art de Boucher à David, catalogue exposition Hôtel de la Monnaie, 5 octobre 1984-6 janvier 1985, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux ISBN 2711802833.
    Ses autres portraits sont froids, sans autre mérite que celui de la ressemblance, excepté le mien, qui ressemble, où je suis nu jusqu'à la ceinture, et qui, pour la fierté, les chairs, le faire, est fort au-dessus de Roslin et d'aucun portraitiste de l'Académie. Je l'ai placé vis-à-vis celui de Van Loo, à qui il jouait un mauvais tour. Il était si frappant, que ma fille me disait qu'elle l'aurait baisé cent fois pendant mon absence, si elle n'avait pas craint de le gâter. La poitrine était peinte très-chaudement, avec des passages et des méplats tout à fait vrais (Salon de 1767).

    Né le 5 Octobre 1713, Denis Diderot, Balance ascendant Poissons

    The salon of litterature at Madame Geoffrin's mansion

    Crédits : Leemage / Contributeur
    Editorial - n° : 593278996
    Collection : Corbis Historical
    The salon of Madame Geoffrin : reading of Voltaire's tragedy 'l'orphelin de la Chine' in the salon of Madame Geoffrin. Among the guests : Choiseul, Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Montesquieu, Diderot, D'Alembert, Turgot and Marmontel while the actor Lekain is reading the play. Painting by Anicet Charles Gabriel Lemonnier (1743-1824), 1812. 1,29 x 1,96. Castles Museum of Malmaison and Bois-Preau (Photo by Leemage/Corbis via Getty Images)


    Jean Honoré Fragonard, huile sur toile, vers 1769, musée du Louvre.
    Jean-Antoine Houdon, buste, 1771, Musée du Louvre
    Jean-Antoine Houdon, buste, vers 1771, Troyes, musée des beaux-arts
    Marie-Anne Collot, buste en marbre, 1772, musée de l'Ermitage.
    J'oubliais les bons portraits de moi, le buste de mademoiselle Collot, surtout le dernier, qui appartient à M. Grimm, mon ami. Il est bien, il est très-bien ; il a pris chez lui la place d'un autre, que son maître M. Falconet avait fait, et qui n'était pas bien. Lorsque Falconet eut vu le buste de son éléve, il prit un marteau, et cassa le sien devant elle (Salon de ???).

    Jean-Antoine Houdon, 1773, Langres
    Dmitri Levitsky, 1773 ou 74, portrait, Genève, Musee d'Art et d'Histoire.
    Jean-Antoine Houdon, buste, 1775, Musée du Louvre.
    Jean-Baptiste Pigalle, buste, 1777, musée du Louvre

    Bibliographie

    Monographies
    Raymond Trousson, Denis Diderot, Paris, Tallandier, 2005.
    Raymond Trousson, Diderot jour après jour. Chronologie, Paris, Champion, 2006.
    Raymond Trousson, Denis Diderot ou le vrai Prométhée, Paris, Tallandier, 2005.
    Raymond Trousson, Images de Diderot en France 1784-1913, Paris, Champion, 1997.
    Album Diderot, Paris, Gallimard, 2004, coll. La Pléiade.
    Raymond Trousson et Roland Mortier (éd.), Dictionnaire de Diderot, Paris, Honoré Champion, 1999.
    Éric-Emmanuel Schmitt, Diderot ou la philosophie de la séduction, Paris, Albin Michel, 1997.
    Éric-Emmanuel Schmitt, Le libertin dont Gabriel Aghion a extrait son film homonyme.
    A. M. Wilson, Diderot : sa vie et son œuvre, Paris, Robert Laffont, 1985.
    Bersot Ernest, Diderot, Paris, 1851.
    Madame de Vandeul, Diderot, mon père Circé 1992 - une biographie brève

     

    Diderot bouge encore

    par Philippe Sollers

    Le 7 juillet 1746, le Parlement de Paris condamne un livre à être « lacéré et brûlé, comme scandaleux, contraire à la religion et aux bonnes moeurs », Le volume est faussement publié à La Haye, « aux dépens de la Compagnie », et il circule sous le manteau, sans nom d’auteur. Ce dernier a 33 ans, et fera beaucoup parler de lui par la suite. Il s’appelle Denis Diderot, son livre s’intitule « Pensées philosophiques », et il porte sur la page de titre cette inscription en latin : « Ce poisson n’est pas pour tout le monde. » En effet, et la censure l’a vite compris, comme elle le comprendra devant le plus dangereux des livres : l’ « Encyclopédie ».
    Pour tous ceux qui, à l’époque, complotent pour un changement d’ère, Diderot est « le Philosophe ». Drôle de philosophe, aussi éloigné des saints de la profession ancienne que des bavards sociaux d’aujourd’hui. L’auteur des « Bijoux indiscrets », de « la Religieuse », du « Neveu de Rameau », de « Jacques le fataliste » est d’abord un tourbillon en acte. Il est partout et nulle part, c’est une effervescence incessante. Comme le dit très justement Michel Delon, « son style est celui du harcèlement ou de la guérilla qui change sans cesse de place, qui récuse toute position définitive »i. Ou encore, parlant des nombreux emprunts ou des citations à la Montaigne de cet écrivain turbulent : « Diderot ne laisse pas seulement apparaître les pensées qui le constituent, il déploie sa propre pensée en recourant à l’altérité. » Il bouge, Diderot, il a des identités rapprochées multiples, il dérive, il dérape, il dialogue. La pensée est une conversation continuelle, un grand roman fourmillant. « Une seule qualité physique, dit-il, peut conduire l’esprit qui s’en occupe à une infinité de choses diverses. » Penser, c’est faire de la musique, danser, donner des coups, détruire la suffisance ignorante de tous les pouvoirs. Ecoutez Catherine de Russie après ses rencontres avec « le Philosophe » : « Votre Diderot est un homme extraordinaire, je ne me tire pas de mes entretiens avec lui sans avoir les cuisses meurtries et toutes noires. » Il aurait mieux valu, pour la monarchie française, se laisser taper sur les cuisses par cet insolent, plutôt que de persécuter les Lumières et les envoyer en Russie ou en Prusse. Temps héroïques, où les écrivains étaient bannis et leurs écrits « lacérés », ce dont ne semblent plus avoir la moindre idée les pâles Français actuels.


    Diderot par Picasso, 14.2.54. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.
    Portrait pour Mystification
    ou Histoire des Portraits

    Lisez ça : « Jécris de Dieu ; je compte sur peu de lecteurs, et n’aspire qu’à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n’être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables, si elles plaisent à tout le monde. » A part la « Lettre sur les aveugles » (prison pour l’auteur) et le trop peu connu « Essai sur les règnes de Claude et de Néron » (où Diderot célèbre Sénèque), le livre le plus fantastique de ce recueil est « le Rêve de d’Alembert », chef-d’oeuvre surréaliste. D’Alembert dort et délire, Mlle de Lespinasse, sa maîtresse, note ce qu’il dit dans son rêve, le médecin Bordeu, en bon analyste, interprète le tout. C’est fou, c’est merveilleux, la pensée pense sa continuité souterraine, celle des « cordes vibrantes » dont nous sommes faits ainsi que le monde. C’est du clavecin endiablé, mais « l’instrument philosophe est sensible, il est en même temps le musicien et l’instrument ». Au passage, Mlle de Lespinasse se voit administrer une rude leçon froide sur la sexualité et les effets funestes de la continence. Elle accepte avec complaisance les démonstrations du prophétique docteur Bordeu, et déclare « qu’il n’y a aucune différence entre un médecin qui veille et un philosophe qui rêve ». Conclusion révolutionnaire : « Il n’y a qu’une vertu, la justice ; qu’un devoir, de se rendre heureux ; qu’un corollaire, de ne pas se surfaire la vie, et de ne pas craindre la mort. »

    Ph. Sollers

    Le Nouvel Observateur N°2407-2408 du 23 décembre 2010.

    ***

    Sollers joue Diderot

    Un film de Philippe Sollers et Jean-Paul Fargier
    Avec Elisabeth Barillé et Annie Hamel (52 min. - 1984)

    Dans les jardins et les terrasses du Palais Royal qu’aimait fréquenter le Neveu de Rameau, Philippe Sollers lit du Diderot à deux jeunes femmes qui auraient pu être en d’autres temps, Julie de Lespinasse ou Sophie Volland. En costume du XVIIIe siècle, l’écrivain du XXe siècle réactualise le philosophe des Lumières. Ses commentaires entrecoupés de jeux érotiques, caracolent de l’égalité des sexes à l’invention de la psychanalyse, de Sade à Lacan, de la Nature à la procréation artificielle, de la Physique des sens à la Télévision en couleurs, de Catherine II à la perversion du matérialisme en Russie soviétique. «  Si on perd le sensualisme, le matérialisme est mortel. »

    Jean Paul Fargier

     

    Œuvre Denis Diderot

    Département des Peintures : Peinture française

     

    Télécharger « denis-diderot »

     

    Heureux Diderot

    Diderot Picasso
    Diderot par Picasso, 1954

     

    Le 7 juillet 1746, le Parlement de Paris condamne un livre à être «acéré et brûlé, comme scandaleux, contraire à la religion et aux bonnes mœurs». Le volume est faussement publié à La Haye, «aux dépens de la Compagnie», et il circule sous le manteau, sans nom d’auteur. Ce dernier a 33 ans, et fera beaucoup parler de lui par la suite. Il s’appelle Denis Diderot, son livre s’intitule «Pensées philosophiques», et il porte sur la page de titre cette inscription en latin: «Ce poisson n’est pas pour tout le monde.» En effet, et la censure l’a vite compris, comme elle le comprendra devant le plus dangereux des livres: l’«Encyclopédie».

     

    Pour tous ceux qui, à l’époque, complotent pour un changement d’ère, Diderot est «le Philosophe». Drôle de philosophe, aussi éloigné des saints de la profession ancienne que des bavards sociaux d’aujourd’hui. L’auteur des «Bijoux indiscrets», de «La Religieuse», du «Neveu de Rameau», de «Jacques le fataliste » est d’abord un tourbillon en acte. Il est partout et nulle part, c’est une effervescence incessante. Comme le dit très justement Michel Delon, «son style est celui du harcèlement ou de la guérilla qui change sans cesse de place, qui récuse toute position définitive». Ou encore, parlant des nombreux emprunts ou des citations à la Montaigne de cet écrivain turbulent: «Diderot ne laisse pas seulement apparaître les pensées qui le constituent, il déploie sa propre pensée en recourant à l’altérité Il bouge, Diderot, il a des identités rapprochées multiples, il dérive, il dérape, il dialogue. La pensée est une conversation continuelle, un grand roman fourmillant. «Une seule qualité physique, dit-il, peut conduire l’esprit qui s’en occupe à une infinité de choses diversesPenser, c’est faire de la musique, danser, donner des coups, détruire la suffisance ignorante de tous les pouvoirs. Ecoutez Catherine de Russie après ses rencontres avec «le Philosophe»: «Votre Diderot est un homme extraordinaire, je ne me tire pas de mes entretiens avec lui sans avoir les cuisses meurtries et toutes noiresIl aurait mieux valu, pour la monarchie française, se laisser taper sur les cuisses par cet insolent, plutôt que de persécuter les Lumières et les envoyer en Russie ou en Pruss. Temps héroïques, les écrivains étaient bannis et leurs écrits «acérés», ce dont ne semblent plus avoir la moindre idée les pâles Français actuels.

    Lisez ça: «J’écris de Dieu ; je compte sur peu de lecteurs, et n’aspire qu’à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n’être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables, si elles plaisent à tout le monde.» A part la «Lettre sur les aveugles» (prison pour l’auteur) et le trop peu connu «Essai sur les règnes de Claude et de Néron» ( Diderot célèbre Sénèque), le livre le plus fantastique de ce recueil est «Le Rêve de d’Alembert», chef-d’œuvre surréaliste. D’Alembert dort et délire, Mlle de Lespinasse, sa maîtresse, note ce qu’il dit dans son rêve, le médecin Bordeu, en bon analyste, interprète le tout. C’est fou, c’est merveilleux, la pensée pense sa continuité souterraine, celle des «cordes vibrantes» dont nous sommes faits ainsi que le monde. C’est du clavecin endiablé, mais «l’instrument philosophe est sensible, il est en même temps le musicien et l’instrument». Au passage, Mlle de Lespinasse se voit administrer une rude leçon froide sur la sexualité et les effets funestes de la continence. Elle accepte avec complaisance les démonstrations du prophétique docteur Bordeu, et déclare «qu’il n’y a aucune différence entre un médecin qui veille et un philosophe qui rêve». Conclusion révolutionnaire: «Il n’y a qu’une vertu, la justice ; qu’un devoir, de se rendre heureux ; qu’un corollaire, de ne pas se surfaire la vie, et de ne pas craindre la mort.»

    Philippe Sollers

    Diderot, Œuvres philosophiques, édition établie par Michel Delon avec Barbara de Negroni, Gallimard, La Pléiade.

     

     

    Diderot et la liberté

     

    © Damien Vignaux / Colagène pour PM

    C'est son année. On célèbre le tricentenaire de la naissance de Diderot, le 5 octobre 2013. Mais pas question de lui rendre un hommage ronronnant. Car plus encore que ses illustres confrères Rousseau et Voltaire, il fut un philosophe décapant, curieux et vivant en diable. Un mot va comme un gant au maître d’œuvre de l’Encyclopédie : la liberté. De vie, de pensée, d’action. Raphaël Enthoven nous dévoile toutes les facettes de son matérialisme et montre que, pour Diderot, la liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à connaître et à consentir à ce qui nous détermine. Jacques Attali souligne le caractère visionnaire de cet esprit universel et plaide en faveur de son entrée au Panthéon, honneur qui lui a été refusé… Enfin, dans le cahier central, Dominique Lecourt nous présente le jubilatoire Jacques le fataliste et son maître, où l’on réfléchit, autant que l’on rit, à une question éternelle : le monde est-il soumis à notre volonté, ou à un ordre inflexible ? Diderot, ou la métaphysique enfin joyeuse, le gai savoir incarné.

     

     

     LA LETTRE SUR LES AVEUGLES

    Télécharger « revue-le-philosophoire-2003-3-page-87.htm »

     

     

     

    Né le : 5 octobre 1713 à 17h00
    à : Langres (France)
    Soleil : 12°16' Balance AS : 28°27' Poissons
    Lune : 4°05' Taureau MC : 29°19' Sagittaire
    Dominantes : Vierge, Poissons, Taureau
    Mercure, Neptune, Jupiter
    Maisons 6, 1, 12 / Terre, Feu / Mutable
    Numérologie : chemin de vie 9
    Popularité : 17 801 clics, 2 010e homme, 3 433e célébrité

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